jueves, 22 de diciembre de 2016

Le cinéma et la mode dans les années 50 en France - Lucie Santamaria




Le cinéma et son influence sur les jeunes en France dans les années 50

La mode en ce temps là

De la part de Lucie Santamaria, retraitée



 J'étais dans un pensionnat de filles lorsque j'étais en 6ème.
Un dortoir immense, anciennement une salle d'usine à soie, réunissait les élèves de la 6ème à la 1ère.
 Nous les petites nous avions ce privilège d'aider les grandes à se préparer. Les filles de 1ère avaient le droit de sortir seules le samedi après-midi.
 On les frisait, on leur vernissait les ongles... Bref, on les pomponnait.

 Ce que j'aimais le plus c'était les mises en plis!
Ces demoiselles s'asseyaient sur le bord de leur lit et nous, armées d'épingles à cheveux minuscules que l'on appelait "invisibles", nous leur couvrions la tête de petits escargots: On prenait une mêche de cheveux qu'on entourait sur le bout de son index et Pic! On plaçait l'invisible.


Les mises en plis. Dessin de Lucie Santamaria


 Et on les écoutait se raconter leurs secrets amoureux... Car elles se faisaient belles pour draguer les garçons du collège, bien sur!

 Elles voulaient ressembler aux actrices de ciné en vogue ces années là.
 Il y avait la belle Audrey Hepburn avec son chignon et sa frange ondulée,



 Pour onduler la frange on posait un gros rouleau sur le front sur lequel on enroulait les cheveux mouillés.




 D'autre filles voulaient ressembler à Grace Kelly. Là il en fallait des rouleaux et des invisibles! (minuscules épingles qui maintenaient le cheveu roulé en forme d'escargot)

 D'autres encore n'avaient pas besoin de nous. Cheveux très courts, à la "garçonne" comme Jean Seberg



 Venait ensuite le maquillage des yeux.
 Au crayon noir à maquiller, elles se faisaient des yeux de biche...



 Petites ou grandes... on adorait Sophia Loren et ses yeux superbement maquillés.

 Et Audrey Hepburn!



Petit mode d'emploi pour avoir des yeux de biche



 Puis venait l'habillage de ces demoiselles!
 Il fallait avoir une taille de guêpe et se serrer au maximun avec une large ceinture élastique à cabochons dorés, en imitant Brigitte Bardot.


 Le petit jupon blanc qui dépassait de la jupe, c'était l'ancien jupon brodé de la grand mère qu'on avait sorti de l'armoire et qu'on avait raccourci. On montrait ses genoux!


 D'autres filles plus "sages" adoptaient la jupe plissée, infroissable...
 Les plus coquines imitaient Brigitte Bardot avec de profonds décolletés en pointe et les plus classiques portaient le chemisier ras du cou.

 Enfin venaient les chaussures!



 De la ballerine plate, sans talon, pour les plus grandes qui devaient s'adapter parfois à un amoureux plus petit qu'elles... à la chaussure à talons hauts!





 Et je ne peux m'empêcher d'en mettre une troisième...




 Je trouve que Minnie représente assez bien cette époque d'après guerre pour nous, où les filles accédaient à plus de liberté vestimentaire.



 Les garçons aussi suivaient la mode!
 Coiffure à la James Dean, mêche sur le front à la Alain Delon...





 Coiffures sages avec la raie sur le côté ou plus folle avec les cheveux gonflés en coque sur le front.
 Et bien sûr, la chemise à large col ouverte sur la poitrine.


 Les garçons de la pension attendaient les filles à la sortie de leur dortoir sur le palier. Ensuite ils descendaient ensemble le grand escalier qui donnait sur la rue. Nous les petites on les regardait depuis la porte du dortoir...

 A leur retour à la pension, vers les 7 heures, nous nous faufilions dans leur groupe pour écouter ce qu'elles avaient fait dans l'après midi... Elles étaient allées au cinéma, bien sûr avec leurs copains...

 Et je crois qu'on était aussi contentes qu'elles...


Cinéma "L'Orly". 9-11, Boulevard Jamar (Bruxelles Midi)
Bruxelles
À la sortie du film "Jeunes filles en uniforme" ("Mädchen in Uniform") (1958). Géza von Radványi
Avec Romy Schneider et Lilli Palmer



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